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17/06/2008
One desire (8)

Grande journée : la fin de 6 mois de concours. 1er concours en décembre, dernier oral ce matin. Et puis si j'ai aucun concours, je me noie VRAIMENT dans mon pot de confiture.
Passer un oral c'est donc :
- approuver un jury : "Tout à fait dans certaines sociétés orientales, la femme n'a malheureusement pas la place qu'elle mériterait et c'est donc la réserve que j'emettrai quant à l'exponentielle évolution du statut de la femme ces dernières decennies". Avec une jolie phrase, un terme mathématique et des verbes compliqués, j'ai tenté le tout pour le tout. Autant mettre les choses au clair tout de suite : je suis cultivée, intelligente et je réussirai tout ce que j'entreprendrai, donc admettez-moi dans votre école s'il vous plaaait.
- désapprouver un jury, pour montrer que j'ai de la personnalité : "Non, vraiment, je ne pense pas qu'il y ai d'énormes enjeux concernant les JO de Pékin, plutot des enjeux financiers pour des sportifs sur-payés".
- admettre qu'on ne sait pas : "Non vraiment, je ne peux pas expliquer le fait que le personnel soignant fume énormément. Je ne peux pas comprendre, je ne fume pas, c'est certainement un moyen de décompresser mais c'est quelque chose que je ne peux pas comprendre". Après j'suis ptet une inculte, mais moi la cigarette ça me fait vomir (que celui qui pense que je suis la classe incarnée soit mon Dieu) et franchement pas décompresser. Après peut-être décompresser dans le sens "je me vide" mais c'est trop humide pour être agréable (genre tu peux aussi oublier que tu as lu cette phrase^^).
- avoir peur d'avoir un comportement bizarre vis à vis de la psy, qui scrute le moindre détail. Comportement bizarre comme accepter un verre d'eau et le vider d'un trait. Ou marcher sur sa veste en sortant de la salle, telle une serpillière ("euh votre veste Mademoiselle"). Ou réfléchir à une question en regardant en haut à gauche, il parait que c'est la partie du cerveau qui contrôle le mensonge.
- dire des choses à ne pas dire. Comme "ah oui je voulais aussi rajouter un truc", qui casse tout le côté littéraire de mes précédents propos. Ou un sublimissime "waou" quand la psy m'a expliqué qu'elle bossait auprés des adolescents suicidaires et dans les quartiers difficiles de "Toulouse-Mirail".
Mais réussir un oral, c'est tout un art. Bon je ne sais pas encore si mon art fonctionne, j'ai pas les résultats. Cependant quelques conseils :
- quelques "euh" même si tu connais cash la réponse comme "On doit l'avortement à la loi Veil de 76". Parce que sinon ça fait par coeur, et le par coeur c'est le mal.
- essayer, je dis bien "essayer" de sortir quelques blagues. Si possible en rapport avec le sujet, sinon avec d'éventuelles questions drôles posées par le sacro-saint jury.
- mentir de temps en temps. Pas vraiment mentir, plutot déformer la réalité. Moi tu vois par exemple, dans mes temps de loisirs, je fais du sport (mdr). Moi j'étais en prépa-psychomotricité et puis j'me suis rendue compte que c'était pas fait pour moi (tu paaarles). Moi j'suis contente de passer le concours à Auch, comme ça ça sera facile, mes parents habitent à côté (dans le cul l'indépendance hein).

(je sais je mets fin à toute crédibilité littéraire avec ce merveilleux titre d'Allan Théo. De vieux démons qui reprennent le dessus!)
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